a geston écologque de l’archpel du Svalard.


Les régions polaires ont la densité de population humaine la plus faible de la planète. Il ne semble par alors évident que la protection et la préservation de l’environnement doivent y jouer un grand rôle. L’histoire récente nous a cependant montré que le biotope arctique en particulier peut être fortement touché par l’activité humaine, même réduite. L’exploitation des ressources naturelles arctique est ainsi jonchée de réduction de populations animales ou de dégradation grave d’un environnement qui reste extrêmement vulnérable. Nous allons voir au cours de cet article comment est aborder le problème de la gestion de l’environnement au Svalbard, petit archipel à mi-chemin de la Norvège et du pôle Nord, par les autorités norvégiennes.


L’exploitation des ressources biologiques au Svalbard.
L’archipel du Svalbard présente une faune terrestre, aviaire et marine relativement riche due à des conditions climatiques clémentes à cette latitude (-10à -15°C en hiver en moyenne alors que la nuit polaire est totale pendant 128 jours à 81° de latitude), notamment grâce à la proximité de courants marins chauds. La chasse aux Svalbard à ainsi débutée il y a environ 400 ans, la demande pour l’huile de baleine étant alors élevée. Les chasseurs de l’époque furent surpris par le nombre d’animaux présents, des centaines de baleines boréales, de morses et de phoques peuplaient alors les fjords. La chasse fut menée de façon extensive sans considérations écologiques. Tout ce qui pouvait être tué fut ramené par bateau en Europe. La baleine boréale fut la première espèce à être éradiquée. Les baleiniers hollandais précisent dans leurs carnets de bord que, entre le 16ème et le 17ème siècle, 14000 vaisseaux furent envoyés en expédition de chasse au Svalbard. Le nombre de baleines boréales prélevées s’élève à 50 000. Entre 1871 et 1914, 17000 morses furent ramenés en Norvège. La population endémique de rennes diminua de 10 000 à 300 têtes en 1925.

L’exploitation des ressources minérales.
L’activité minière débuta au début des années 1900, par l’exploitation de mines de charbon, d’or, de zinc ou de marbre. Les principales conséquences pour l’environnement furent liées à l’accumulation de déchets industriels, d’érosion de la toundra et de dérangement de la vie sauvage. L’érosion est un problème récurrent pour les zones de permafrost (partie du sol gelé pendant toute l’année). Il empêche le drainage des eaux de pluie ou résultantes de la fonte des neiges, et de larges étendues restent ainsi humides pendant l’été. Ainsi, le phénomène d’érosion due à l’eau, qui transporte les graines et l’humus est largement amplifié.Agrandir la photo

En fait, la fragilité des biotopes arctiques vient du fait que le système écologique n’est formé que de peu d’espèces, les chaînes alimentaires étant alors relativement courtes. Cette simplicité ainsi que la faible productivité en fait un système extrêmement instable et sensible à la moindre altération. Plusieurs caractéristiques font du Svalbard une terre fragile comme son court été, qui est la seule saison permettant la régénération de la flore et l’activation de cycles biologiques. Cette courte période de production ne permet pas, par exemple, l’élimination rapide des polluants. De plus, les modes de reproduction grégaire de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères dans des zones restreintes les rendent extrêmement sensibles au dérangement et à la chasse. Enfin, et entre autres, l’écologie de l’archipel est fortement liée à l’écosystème marin de la Mer de Barents. Toute modification de ce dernier entraînera des changements importants pour la faune et la flore du Svalbard.

Quelles règles pour la protection de la faune et de la flore ?
Une des premières mesures prises par les autorités norvégiennes en 1925, fut de protéger et de préserver la faune et la flore de l’archipel : mise en place de réserves florales (1935), interdiction de la chasse aux ours polaires sur certaines parties de l’archipel (1939), protection totale des morses (1952), des oies bernaches et cravants (1955), de l’eider à duvet (1963), interdiction de l’usage de pièges à ours et de l’abattage de femelles en reproduction (1970). Enfin en 1984, l’archipel fut divisé en réserves, parc national et zones de protection de la flore. Les réserves naturelles couvrent ainsi près de 25000 Km², où les processus écologiques se déroulent sans aucune intervention ou dérangement humain. Ainsi, 50% de la surface de l’archipel se trouve totalement protégé (voir carte).

La régulation de la chasse.
Ces 20 dernières années, de nombreuses mesures de protection ont permis à pratiquement toutes les populations animales de retrouver une certaine dynamique de croissance. Cependant, certaines espèces sont encore loin de leurs niveaux initiaux. Après plus de 60 années de protection totale, la population de rennes du Svalbard n’a pas encore retrouvé sa taille initiale. La bernache cravant est encore considérée comme espèce en danger, alors que le nombre d’ours polaire est de 40% inférieur aux nombres d’animaux présents il y a deux siècles. La population d’eider à duvet est encore réduite de 50% alors que le morse n’a que récemment repris son immigration au Svalbard. La régulation des périodes de chasse est donc primordiale pour permettre la régénérescence de la faune du Svalbard. Si toutes les espèces sont protégées de manière générale, des période de chasse précises ont été définies : le phoque annelé et le phoque barbu sont chassables hors période de reproduction (mars-avril), le lagopède de septembre à mars, ou l’oie à bec court d’août à octobre. Mais ces restrictions sont susceptibles d’être modifiées à tout moment, étant donné la relative variabilité des conditions de reproduction ou la modification sensible de telle ou telle population. Une protection efficace alliée à un contrôle stricte des périodes de chasse demande donc une surveillance continue des populations sauvages. De plus, les zones de reproduction sont strictement protégées, et toute activité humaine à proximité est interdite. L’exemple le plus frappant est celui de la chasse aux ours polaires en moto-neige ou en hélicoptère, qui est maintenant totalement prohibée. De telles mesures ont permis de voir l’augmentation des populations d’oie bernache (de 300 à 10000en 50 ans, de 2000 à 6000 ours polaires, de 1 ( !) à 500-1000 morses en 40 ans.
Enfin, la protection de l’environnement du Svalbard passe également par le contrôle de tout développement de populations animales étrangères à l’archipel. Si des introductions d’espèces telles que le bœuf musqué (16 individus en 1930), de lièvre arctique ou de campagnols ont eu lieu, celles-ci sont formellement interdites aujourd’hui. Toutes ces populations ont d’ailleurs fini par disparaître, le dernier bœuf musqué en 1985.
Toutes ces mesures de protection ont permis de maintenir un biotope arctique riche au Svalbard. Si les mesures prises ont été le facteur principal de ce retour à une faune et une flore typique, la volonté des habitants du Svalbard (près de 2500 résidents) et des autorités a été primordiale. Elle permet aujourd’hui l’ouverture de l’archipel au tourisme afin de permettre la découverte de cet environnement fantastique. Mais, cette ouverture doit elle aussi se faire dans les règles, sous peine de revenir au point de départ.


F.C.

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Dernière modification de cet article le 06/01/2004 à 21h30