rossance et mortalté chez le lapn de garenne


Avec un prélèvement moyen d´environ 6 millions d´individus par an, le lapin de garenne est, en France, une espèce gibier à forte valeur cynégétique*. En moyenne, un chasseur prélève 4 lapins par saison de chasse. Aussi, une connaissance approfondie de la biologie des jeunes lapins constitue un élément majeur permettant d´améliorer la gestion des populations.
Dans ce contexte de recherche scientifique, une étude** a été réalisée sur la croissance et la mortalité des lapins de garenne (Oryctolagus caniculus) au stade juvénile et à l´état sauvage.
Ce travail révèle tout d´abord que la vitesse de croissance pondérale (7 à 10g / jour) ne diffère pas entre les mâles et les femelles mais qu´elle peut varier entre les portées d´une même année et en fonction de la densité (nombre d´individus par unité de surface). Lorsque la densité est forte, les lapereaux, et notamment ceux de la dernière portée, ont une vitesse de croissance faible - ceci suppose une régulation densité-dépendante liée à la compétition alimentaire -. A l´inverse lorsque la densité est faible, la vitesse de croissance sur l´ensemble des lapereaux nés durant l´année est forte et, plus particulièrement, pour ceux des dernières portées en comparaison à la première. Dans ce dernier cas, l´hypothèse est la suivante : les lapins doivent atteindre un poids minimum avant l´hiver, obligeant ainsi les derniers-nés à passer plus de temps à l´extérieur de la rabouillère pour s´alimenter. Cette stratégie a cependant un coût en terme de mortalité, car les animaux sont davantage exposés à la prédation et à la compétition territoriale avec les congénères issus des autres groupes familiaux.
Ce constat explique, en partie, le second résultat de cette étude : les taux de mortalité des lapereaux de la deuxième portée et des suivantes sont en moyenne 2 à 3 fois plus élevés comparés aux taux de la première portée. En outre, la plus grande mobilité des lapereaux mâles expliquerait un taux de mortalité par prédation en moyenne 30% supérieur à celui des femelles. Parmi les causes qui ont clairement été déterminées, la prédation par les chats, les chiens et l´hermine est responsable de 30% des cas de mortalité. La part de la myxomatose qui apparaît après juillet-août est également importante, et elle affecte de manière similaire les mâles et les femelles.
Enfin, comme pour la croissance pondérale il a été montré que la mortalité juvénile dans les dernières portées de l´année est d´autant plus forte que la densité des lapins est élevée. Ce constat rejoint l´idée d´une régulation par densité-dépendance due à la coccidiose. Cette maladie parasitaire est, en effet, plus répandue lorsque la densité est forte et notamment les jeunes nés tardivement sont plus largement infestés.

En terme de gestion, une attention particulière devrait par conséquent être attribuée aux dernières portées, c´est-à-dire après avril – mai. Une importante disponibilité alimentaire après cette période peut favoriser l´accroissement d´une population de lapins avant l´hiver.



M.B.

* d´après les données de l´ONCFS.
** Growth and mortality in juvenile European wild rabbits (Oryctolagus cuniculus) par N.J. WEBB (Journal of Zoology London, 1993).



Réalisation Naturaconst@ tous droist réservés

Dernière modification de cet article le 06/01/2004 à 21h34