es parastes modfent la crossance des oseaux


Dans un article précédent (avril 2003), nous avions traité de l’effet des conditions environnementales sur le développement des organismes en début de vie. Le phénotype (c’est-à-dire les caractéristiques physiques) à l’age adulte peut ainsi être modifié par les évènements subis par l’individu lors de son enfance. Dans un article paru cet été dans une revue reconnue d’écologie, des chercheurs suisses des Universités de Berne et de Neuchâtel ont montré que l’infestation des nids par des parasites externes avait une influence non négligeable sur le devenir des poussins du martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba).
La plasticité du développement est définie par la possibilité que possède un organisme jeune à obtenir, à partir du même potentiel génétique (ou programme de base), un ensemble de caractéristiques physiques (phénotype) différentes à l’age adulte. Ceci est particulièrement évident lorsque les organismes rencontrent des conditions environnementales défavorables au cours de leur développement (comme de mauvaises conditions de nutrition). Ils sont alors capables d’adapter leur rythme de croissance de deux façon non mutuellement exclusives : (1) les individus infestés peuvent réduire leur vitesse de croissance temporairement, et présenter une vitesse plus élevée une fois le pic d’infestation passé ; et (2) si la période de développement n’est pas fixée dans le temps, les individus infestés peuvent présenter une vitesse de croissance réduite mais une période de développement plus longue.
Pour déterminer quelle stratégie est préférablement mise en place chez les jeunes du martinet à ventre blanc lors du développement au nid, les chercheurs ont modifié les taux d’infestation des poussins par une mouche plate hématophage (Crataerina melbae). Les résultats de cette expérimentation menée en milieu sauvage montrent que les jeunes martinets infestés par cette mouche ont une croissance ralentie (évaluée par des mesures successives de la taille des ailes), mais une durée de croissance augmentée de 3 jours par rapport aux individus non infestés. Cette étude illustre ainsi le fait que certaines espèces d’oiseaux peuvent présenter des stratégies d’adaptation à des mauvaises conditions de croissance, par une prolongation de la période de développement. Elle souligne également en quoi l’étude de l’interaction entre espèces parasites et espèces hôtes peut apporter des indications importantes dans l’étude de la biologie du développement ou des populations.


F.C.

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Dernière modification de cet article le 06/01/2004 à 21h36