se en évdence d’un phénomène de dsperson chez une populaton de renards roux (<>Vulpes vulpes) à l’ade de marqueurs génétques


La structure génétique d’une population animale se définit comme la composition de l’information génétique et sa répartition entre les individus ou sous-unités de la population. Celle-ci est modulée par un flux génique entre les individus résultant d’accouplements entre individus faiblement apparentés, et par conséquent, de la dispersion des animaux.
La dispersion natale correspond au mouvement qu’effectue un jeune individu quand il quitte son site de naissance pour un site de reproduction potentiel. Chez les mammifères, la dispersion natale serait biaisée en faveur des mâles, et les femelles tendraient davantage à être fidèle a leur site natal, ou philopatriques.
Deux hypothèses jugent de la valeur adaptative de la dispersion : l’hypothèse de l’évitement de la compétition pour les ressources et celle de l’évitement de la consanguinité. Ces hypothèses ont cependant été émises à partir d’observations de terrain qui ne permettent pas d’estimer avec certitude les degrés de parenté entre les individus. Le développement récent des techniques basées sur l’utilisation de marqueurs génétiques, comme les microsatellites, l’ADN mitochondrial ou les marqueurs aléatoires ("Random Amplified Polymorphic DNA), rend désormais possible la détermination des degrés de parenté entre les individus d’une population, mais permet également de caractériser la structure génétique des populations. Ces techniques d’analyses génétiques représentent par conséquent un complément indispensable aux hypothèses et prédictions émises suite aux observations de terrain.
Une étude récente, menée au Centre d´Ecologie et Physiologie Energétiques (CNRS), a porté sur l’étude des phénomènes de dispersion à travers l’analyse de la structure génétique d’une population de renards roux établie dans les Ardennes Françaises. Le renard roux (Vulpes vulpes) est un carnivore connu pour sa présence ubiquiste, mais également en tant que vecteur principal de la rage. Cette espèce subit depuis toujours de fortes pressions de mortalité (chasse, piégeages, victimes de la circulation routière) mais n’est cependant pas menacée d’extinction. De nombreuses recherches ont porté sur l’organisation spatiale du renard roux. En se basant sur un travail de terrain, Macdonald (1981) a ainsi supposé, chez le renard roux, une dispersion natale biaisée en faveur des mâles et une philopatrie en faveur des femelles. Cela induirait par conséquent la formation de « groupes spatiaux », composés d’un couple et jusqu´à six femelles apparentées à la femelle du couple. Mais plusieurs points sont encore flous à cause notamment de l’incertitude sur les degrés de parenté entre les individus et sur les caractéristiques de la structure génétique des populations étudiées.
La technique RAPD est fiable et rapide, elle permet de révéler de nombreux marqueurs polymorphes de l‘ADN, et donc de détecter des variations génomiques aussi bien sur l’ensemble du pool génétique d’une population qu’à l´échelle interindividuelle.
L’ADN extrait à partir de différents prélèvements (poils, sang ou morceaux d’organes) de 85 renards ardennais a été analysé. La structure génétique de la population se caractérise par un degré élevé de polymorphisme et, une variabilité génétique importante et homogène entre les individus de la population. On considère que deux individus très apparentés se sont dispersés s’ils sont géographiquement distants de plus de deux kilomètres, distance correspondant à deux fois la taille du domaine vital chez le renard roux. La confrontation des données de localisations géographiques des individus obtenus par suivi télémétrique et l’analyse des degrés de parenté nous a montré que :
- des individus fortement apparentés étaient distants jusqu’à 20 km, contrairement à d’autres, auxquels cas il s’agissait principalement d’individus d’âge inférieur à six mois.
- l’existence de groupes spatiaux d’individus non apparentés.
Nos résultats confirment l’hypothèse qu’il existe des phénomènes de dispersion natale chez le renard roux, mais que ces derniers semblent indépendants du sexe. Ces résultats suggèrent également des accouplements entre individus faiblement apparentés, ce qui témoigne d’un flux génique important entre les individus ou sous groupes de la population assurant une diversité génétique élevée. Cette étude contribue ainsi à expliquer pourquoi le renard roux, bien que soumis depuis toujours à une forte pression de mortalité, ne soit pas une espèce menacée.


Pavine Lefèvre et Dr. Hélène Gachot-Neveu.
Lefèvre P. (2003). Conséquences de la dispersion sur la structure génétique d’une population de renards roux (Vulpes vulpes) en milieu rural. Rapport de DEA. Université Louis Pasteur I, Strasbourg, pp 31.
Lefèvre P., Henry C., Poulle M.-L., Roeder J.-J., Le Maho Y. & Gachot-Neveu H. (2003). RAPD genetic analysis for determining natal dispersal in a wild population of red fox (Vulpes vulpes). en preparation.

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Pour en savoir plus :
Gachot-Neveu H. (1998). Les marqueurs R.A.P.D. : mise en évidence d´un outil d´analyse et de contrôle pour la gestion des élevages. S.T.A.L., 23:7-18.
Gachot-Neveu H. & Ménard N. (2003). Gene flow, dispersal patterns and social organization. In Macaque societies: a model for the study of social organizations. B. Thierry, M. Singh & W. Kaumanns (eds.). Cambridge University Press, Cambridge, UK. Chapter VI (sous presse).
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Dernière modification de cet article le 06/01/2004 à 21h41