a reproducton sexuée : un sport peu apprécé par les hatants du désert.


Le sexe est le mode de reproduction le plus usité parmi les eucaryotes (opposés aux procaryotes, c’est-à-dire certaines bactéries entre autres). Elle permet un brassage des gènes qui est à la base de la sélection naturelle. Pourtant, deux découvertes récentes d’une reproduction asexuée par des organismes vivant dans le désert australien souligne que, dans cette partie du monde, la perte du « sexe » comporte certains avantages.


Tout le monde sait comment se font les enfants. Mais combien de parents seraient étonnés de savoir que certains organismes n’ont besoin ni d’abeille, ni de fleur, ni de petite graine ? Un exemple simple. Les fraisiers forment des fruits rouges à la saveur particulièrement succulente. Mais les petites graines vertes qui les parsèment proviennent de la fécondation d’un gamète femelle par un gamète mâle. Voilà le résultat de la reproduction sexuée des fraisiers. Pourtant, le jardinier amateur sait également que les fraisiers produisent des stolons, sorte de liane rampante, qui va donner naissance à un nouveau plant. Voilà la reproduction asexuée, sans qu’il y ait eu intervention d’un quelconque gamète.
Les organismes asexués, dit parthénogénétiques, sont tous des organismes femelles qui vont former des clones pour se reproduire. Bien qu’ils soient relativement rares (0,1% du nombre total d’espèces), on observe un phénomène intéressant lorsque l’on compare leur répartition géographique avec celle de leurs parents sexués les plus proches. Les organismes pratiquant la reproduction asexuée sont plus représentés dans les hautes latitudes et altitudes, les environnements arides ou marginaux. Cette parthénogenèse géographique orientée vers les biotopes « difficiles » pour l’installation et la pérennité de la vie, illustre un des problèmes cruciaux de l’écologie évolutive : pourquoi y a-t-il eu dans la majorité des cas maintien de la reproduction sexuée ?
Plusieurs cas de parthénogenèse ont été découverts dans le désert australien. Ils concernent une espèce de lézard (du genre Menetia), un arbuste (Acacia aneura) et deux espèces d’insectes (Warramaba virgo une sauterelle, et le genre Sipyloidea, un phasme). Ses animaux présentent tous une particularité, la polyploïdie, ou autrement dit un nombre plus élevé de chromosomes que l’espèce sexuée apparentée. De plus, les formes asexuées peuvent différer de façon importante entre elles, suggérant qu’elles ne sont pas toutes issues de la même origine (les mères initiales pouvaient avoir des caractéristiques différentes). Mais quelles informations ces organismes peuvent nous apporter sur le pourquoi de la reproduction sexuée ? Le fait est que les environnements dans lesquels ils évoluent présentent peu d’interactions biotiques (entre êtres vivants). Cela a conduit certains scientifiques à la conclusion qu’un des avantages de la reproduction sexuée est qu’elle confère, via le brassage génétique, la capacité de coévoluer avec les concurrents, prédateurs ou parasites auxquels l’organisme est confronté quotidiennement. Et quels seraient les avantages de la reproduction asexuée ? Dans un écosystème où la densité de population est faible, il est évident que la recherche d’un partenaire sexuel peut s’avérer infructueuse, ou du moins aléatoire. Mais cette hypothèse n’explique pas pourquoi la parthénogenèse est associée à la polyploïdie. Une explication intéressante est qu’une forme clonée (obtenue après une reproduction asexuée) peut « capturer » un phénotype (c’est-à-dire un ensemble de caractéristiques physiques, griffes longues, pigmentation…) de la forme sexuée. Cette forme clonée pourra être répliquée de façon identique, donnant naissance à une nouvelle population aux caractéristiques originales. Or, une forme sexuée peut, dans l’absolu, donner naissance à un nombre indéterminé de formes clonées différentes. Un tel mécanisme fournirait à une espèce la potentialité de coloniser un certain nombre d’écosystèmes différents (associés chacun à un type de caractéristiques physiques), abandonnés après une catastrophe écologique naturelle (glaciation, ou sécheresse de longue durée).
Ainsi, l’étude de ces êtres à part continue à enrichir notre connaissance de l’évolution des espèces. Il reste à déterminer les causes de la différence que l’on peut observer entre les familles de clones d’une même espèce. Sont-ils associés à une source de nourriture différente ? Quoi qu’il en soit, les chercheurs se demandent encore pourquoi la plupart des êtres vivants se reproduisent de façon sexuée ?


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Pour en savoir plus :
Kearney M.R. 2003
Simon J.-C. et al. 2003


Dernière modification de cet article le 06/01/2004 à 21h43