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azzia mondiale sur les forêts et les campagnes.
L’appât du gain, de monstrueux bénéfices, de l’or de l’or de l’or ! Voilà ce qui met en danger l’écosystème planétaire qui ne pèse pas bien lourd face à l’ogre économique. Et pourtant, comme le disait Blaise, « il est l’or de se réveiller ».
La violence
Garde forestier s’avère être parfois un métier aussi dangereux que « flic aux stups ». Et pour faire face à cette situation drôle en apparence, L’Union Internationale de la Conservation de la Nature a même lancé une nouvelle initiative : « Protec the Protectors » (littéralement, protégeons les protecteurs). Et pour cause, ces 5 dernières années, 31 gardes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions et 32 autres blessés. Et pas seulement en Afrique, comme l’illustre l’exemple suivant, mais dans le monde entier. En juin 2003, un garde kenyan est victime d’une attaque à la machette alors qu’il avait surpris des bûcherons exerçant en complète illégalité. Face à cette recrudescence de la violence des braconniers qui agissent dans une (presque) totale impunité, les moyens mis en jeu sont ridicules (1 garde pour 600 hectares de forêts dans le massif du Mau qui est une réserve naturelle !). Mais peut-on vraiment faire la morale aux pays en voie de développement où la population est en croissance continue ? Doit-on condamner la coupe des forêts (390 000 ha pour le massif du Mau) pour faire place aux cultures agricoles ? Prenons garde à la préservation de sanctuaires naturels qui sont souvent des garants de l’équilibre climatique local.
La corruption
Dans les années 90, le gouvernement russe a accepté d´assurer la gestion de zones naturelles appartenant à l’état par des sociétés privées, pour la plupart des géants de l’industrie de l’énergie (gaz, pétrole). Cet arrangement a permis l’émergence de nouveaux milliardaires. Mais en quoi ce genre de décision présente-t-il un danger pour notre société ? La forêt de Russie couvre 70% de son territoire (soit 1/5ème des forêts de la planète) et constitue le «poumon» de l’Europe. Derrière la forêt d’Amazonie, elle permet la production de la majeure partie de l’oxygène nécessaire au vieux continent et l’absorption de 15% du dioxyde de carbone mondial. Et nous ne parlons pas ici de la biodiversité végétale et animale qu’elle abrite, comme le léopard d’Orient (Once) ou le tigre de Sibérie (soit 400 individus) ou encore les pins de Sibérie et de Corée. Récemment, le gouvernement russe envisageait la vente possible de parcelles importantes de cette forêt à des exploitants privés. Mais quelles seraient les conséquences écologiques d’une telle mesure ? La solution ne passe-t-elle pas par une limitation des possibilités d’une exploitation lucrative des ressources naturelles lorsque l’équilibre de l’écosystème mondial est en jeu ? Un pavé dans la mare des juristes internationaux. Peut-être que le service public tient ici sa place dans le monde moderne. Une gestion responsable de la forêt, sans souci d’une rentabilité économique (dans le respect d’un certain équilibre) mais d’une rentabilité écologique est une mission du service public du 22ème siècle.
Le pillage
Un nouveau terme a été défini lors de la convention sur la biodiversité qui s’est tenu en 1992, les biopirates. Contrairement aux trafiquants d’animaux, les biopirates négocient à des prix avantageux des semences végétales ou des substances animales susceptibles d’intéresser les firmes pharmaceutiques. Le développement de médicaments à partir de substances naturelles concerne aujourd’hui près de 40% des produits actuels (la cyclosporine, un immunodépresseur, la digoxine un stimulant cardiaque…). Si le résultat peut être bénéfique pour l’homme, ce trafic a des côtés sombres et moins plaisants. Nous ne parlerons pas ici de l’illégalité totale dans laquelle agissent ces biopirates. Le respect de la loi locale n’a aucune importance. La biopiraterie concerne en premier lieu les pays de l’hémisphère sud, donc souvent des pays pauvres en voie de développement, ne disposant pas d’infrastructures de recherches importantes. Ces nations se font donc souffler certains brevets fautes de moyens.
La rentabilisation légale
La Pologne entre dans l’Europe Communautaire. Les agriculteurs polonais, qui conduisaient jusqu’alors une agriculture traditionnelle, ont permis la préservation d’un biotope unique en Europe, fait de champs divers (lopin d’avoine, pommes de terre, herbe fauchée) jalonnés de haies, bosquets, marais et plan d’eau. C’est un peu le paysage français des années d’après-guerre. Qu’en reste-il aujourd’hui ? Une monoculture rentabilisée à outrance, qui a conduit à une universalisation du paysage. Résultat, notre patrimoine écologique a fondu comme neige au soleil. Plus de moineaux friquets, de pies-grièches écorcheuses, de bruants ortolans ou proyers. Savez-vous que la campagne polonaise abrite 1,2 millions de fauvettes grisettes alors qu’il y en a 5 fois moins de l’autre côté de la frontière polono allemande ? 300 000 couples de pies-grièches habitent la Pologne alors qu’on en compte 200 dans toute l’Angleterre. Il y a 60 espèces de plantes différentes par are de terre polonaise, contre 10 à 30 en Europe de l’Ouest.
Aux yeux de certains, cette dérive de notre agriculture vers plus de productivité a été provoquée par la Politique Agricole Commune de l’Europe. Celle-ci représentait, en 2002, 44,5 milliards d’euros alors que l’éducation ne pèse que pour moins d’un milliard. Ce soutien a conduit à la faillite des petits paysans qui assuraient la polyculture, les subventions n’étant accordées qu’aux gros exploitants. Moins de 200 000 agriculteurs européens perçoivent 300 000 euros par an. Quel sera l’avenir de la Pologne ? Les paysans ne sont pas seulement les garants du remplissage de notre assiette, ils sont aussi les premiers acteurs de la préservation de notre environnement. Si développement durable il doit y avoir, c’est par eux qu’il doit passer.
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Dernière modification de cet article le 06/01/2004
à 21h44
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