ARIS : UNE BIODIVERSITÉ INATENDUE


Qui aurait pu imaginer qu’une ville de plus de 2 millions d’habitants pourrait un jour proclamer haut et fort qu’elle est loin d’être un désert biologique. Malgré les voitures en surnombre, le béton omniprésent, Paris va signer en 2004 la charte de la biodiversité et des milieux naturels, s’engageant par la même à agir pour l’étude et la conservation de sa faune et de sa flore. On serait étonné d’apprendre que Paris intra-muros possède plus d’espèces que les communes de banlieue. Notre capitale baignée dans son nuage de pollution abrite aux milieux de ses immeubles, mais aussi dans ses nombreuses zones en friches 3 espèces de reptiles, 28 de poissons (dont des piranhas aperçus dans la Seine), 25 de mammifères (comme le renard roux qui apprécie la source inépuisable des déchets domestiques), 9 d’amphibiens…soit près de 1290 espèces animales. La flore n’est pas en reste avec 1200 espèces différentes dont 1382 plantes à fleurs.
Deux sentiments peuvent animer le citoyen sensibilisé aux problèmes écologiques que rencontre la France et le monde moderne en général. D’abord une certaine satisfaction de voir que nos dirigeants prennent au sérieux le fait qu’on ne peut bien vivre que dans un monde équilibré, où l’homme n’est pas totalement coupé de ses racines naturelles, de l’environnement dans lequel il a évolué depuis des milliers d’années. Ce serait perdre avec la détérioration des zones naturelles une partie de son identité. L’autre est un sentiment d’inquiétude, en voyant que notre monde urbain favorise l’implantation d’espèces exotiques animales ou végétales favorisé par le commerce du vivant, qui vient garnir nos appartements. Ainsi, à Paris les plantes importées des tropiques tendent à remplacer les espèces autochtones. Mais est-ce l’absence de processus naturel qui rend ce phénomène inquiétant, où le sentiment que le monde change peut être plus vite que nous ne pouvons l’imaginer, et qu’il échappe ainsi à notre contrôle ? Après tout, la conquête du monde par l´homme a depuis longtemps entraîné une transformation profonde de notre planète (voyez la pomme de terre ou la tomate importée des Amériques, la transformation de la faune australienne…). Peut-être faut-il se faire à l’idée que jamais notre planète ne sera comme avant, et que l’homme va jouer un rôle de plus en plus important dans la structuration de notre biosphère, en synergie parfois, en opposition souvent de la sélection naturelle. Les enfants de nos enfants jugeront nos actes, sachons nous en souvenir.

Pour plus d’informations, consultez www.Paris-France.org


Dernière modification de cet article le 23/03/2004 à 20h10