>La photopolluton : une perturaton méconnue ?


La pollution chimique et industrielle est largement pointée du doigt depuis de longues années comme étant un facteur majeur perturbant notre environnement. Les gaz à effet de serre sont grandement responsables du réchauffement climatique et des modifications dans la distribution et le comportement des êtres vivants, tels que les oiseaux. Mais il existe une autre source de perturbation plus subtile qui modifie significativement les habitudes et l´orientation des animaux quelquefois jusqu´à entraîner leur mort. De quoi s´agit-il ? La lumière artificielle est de plus en plus présente dans notre environnement en témoigne le développement des zones urbaines et des infrastructures humaines éclairées (réseau routier, tours de communication). Des insectes aux oiseaux en passant par les tortues marines, de nombreux groupes d´espèces sont concernées par cette perturbation.Agrandir la photo La lumière agit comme un piège et de nombreux passereaux attirés meurent par collision. D´autres désorientés succombent par épuisement à voler autour de la source lumineuse ou, affaiblis, ils sont plus vulnérables à la prédation. Aux Etats-Unis, la mortalité due à l´éclairage artificiel est estimée à 1,25 millions d´oiseaux par an. Une étude menée outre atlantique sur près de 40 années de suivi*, a permis de montrer que sur l´ensemble de la période près de 18 000 oiseaux ont été retrouvés morts par collision autour d´un seul phare. Le taux de mortalité durant la migration d´automne est environ deux fois plus élevé que durant la migration de printemps. Une des hypothèses avancées est qu´en automne, la durée de migration est généralement plus étendue et le temps nuageux ou brumeux accentue l´attraction des oiseaux par la lumière. Un autre constat issu de ce travail est la nécessité de modifier le mode d´émission de la lumière. Une émission moins puissante et intermittente (un flash toutes les 8 secondes) permet en effet de réduire très largement les risques de collision par rapport à une lumière projetée de façon continue. Outre les effets en terme de mortalité directe, l´éclairage artificiel entraîne également des modifications physiologiques notamment en perturbant le cycle nycthéméral chez les animaux sédentaires demeurant à proximité des installations et infrastructures humaines. Sans compter le «gaspillage» d´énergie, on peut donc se demander s´il est bien toujours utile d´éclairer en continue nos routes et nos villes à longueur de nuit. Naturaconst@ tous droits réservés *Pour en savoir plus : The effects of light characteristics on avian mortality at lighthouses. J. Jones et C.M. Francis J. Avian. Biol. 2003 Credit photo: C. Mayhew & R. Simmon (NASA/GSFC), NOAA/ NGDC, DMSP Digital Archive

Dernière modification de cet article le 19/12/2004 à 23h56