ONFLIT ELEPHANTESTQUE !




Dans le sud de l’Inde, au milieu du plateau de Valperai, se dresse une ville de 100 000 habitants, travailleurs des plantations de riz et de thé qui ont grignoté petit à petit l’antique forêt humide indienne. Mais voilà, 1500 éléphants remontent au gré des saisons les pistes ancestrales de leurs aïeux, sans considération aucune pour leurs voisins à deux pattes…
En 2002 et 2003, 17 troupeaux d’éléphants sauvages ont ainsi sillonné le plateau, en provoquant des dégâts allants des cultures piétinées aux maisons détruites pour puiser riz, lentilles et autres sacs de sel destinés initialement aux cantines de la région.
Pour les chercheurs indiens de la fondation pour la conservation de la nature, le conflit trouve sa source dans la dégradation continuelle de la forêt qui compose l’abri naturel des éléphants. La réduction des zones ombragées a conduit à la raréfaction des plantes qui composaient le fourrage principal des éléphants, les privant ainsi de leurs ressources alimentaires principales et naturelles.
Les troupeaux d’éléphants, société matriarcale, sont menés par une vieille femelle qui a hérité des connaissances cartographiques de son clan. Or, les changements provoqués par les hommes sont, non seulement d’une telle ampleur, mais aussi quasi instantanés à l’échelle éléphantesque (rappelons que la gestation est de 22 mois chez cette espèce pour une espérance de vie de plus de 50 ans), et qu’il faut plusieurs générations pour que ces animaux perçoivent pleinement les changements à l’échelle humaine et s’y adaptent. Ces différences de perception de l’environnement peuvent également expliquer les frictions qui opposent les cultivateurs aux animaux sauvages.
Au milieu du 20ème siècle, des dégâts dus aux éléphants étaient déjà connus, mais leur fréquence était alors bien plus réduite, mais à l’époque, la quantité de fourrage disponible était également plus importante. De plus, actuellement, l’exaspération des populations est telle que les exploitants chassent les éléphants des abords de leurs exploitations, même s’ils ne se font pas dangereux ni pressants. Chassés d’un côté à l’autre du territoire, ils paniquent et provoquent alors bien plus de dommages. Parfois aussi mort d’homme. Depuis 1992, 5 personnes sont mortes, tuées par les éléphants. Il convient cependant de relativiser, puisque ce chiffre ne représente que 30% des victimes des chiens, ours et autres panthères.
Quelle est la solution ? D’abord, il convient de protéger les biens et les personnes des éléphants, sans mettre la vie de ces derniers en danger. Cela passe par la mise en place de tranchées, de clôtures électriques et par une centralisation des dépôts de nourritures dans un nombre d’endroits limité et sécurisé. Mais il convient aussi d’aménager le territoire pour permettre aux éléphants d’y circuler et de s’y nourrir. Préservation et entretien de zones forestières, de corridors de buissons…La conservation de la biodiversité a un coût !!!

Naturaconst@ touts droits réservés - juin 2004 -

Dernière modification de cet article le 16/06/2004 à 20h55