omment les Cerfs résstent-ls aux rgueurs de l'hver ?


L'approche de l'hiver rime généralement avec une baisse des températures et des périodes plus ou moins longues de disette. Chez de nombreuses espèces animales, cette période implique à priori une plus grande production de chaleur et donc une plus forte dépense énergétique ainsi qu'une utilisation accrue de leurs réserves corporelles. Certaines comme l'ours, le hérisson, et la marmotte se sont adaptées en hibernant, une stratégie qui s'apparente à un sommeil profond avec une diminution de la température du corps, une baisse très forte de l'activité physique ainsi qu'une grande réduction du rythme cardiaque. Mais qu'en est-il des autres espèces ? Comment affrontent-elles ces contraintes environnementales qui peuvent compromettre leur survie ? La question se pose tout particulièrement pour les grands mammifères tel que le Cerf élaphe.Agrandir la photo Des études récentes réalisées en milieu naturel par une équipe de chercheurs autrichiens montrent, en fait, que le Cerf modifie plusieurs paramètres physiologiques et comportementaux alors que sa nourriture contient de moins en d'énergie au fur et à mesure que l'hiver avance. Le premier constat est que la fréquence cardiaque des mâles et des femelles varie fortement au cours de l'année avec une diminution de 60% entre l'été et l'hiver aussi bien durant la phase active que de repos. Parallèlement, le comportement locomoteur (incluant la recherche alimentaire), qui reste élevé entre juin et octobre (66% de l'activité journalière), diminue continuellement après le rut jusqu'à atteindre un minimum (51%) en janvier et février. En revanche, la part de recherche alimentaire dans l'activité locomotrice est la plus importante en hiver, cette combinaison constituant un avantage en terme de balance énergétique. Ces modifications physiologiques et comportementales s'accompagnent par ailleurs d'une autre adaptation dépendante de la photopériode (longueur du jour). En effet, en hiver chez les deux sexes, la température à la surface du corps diminue fortement durant la nuit et selon une amplitude plus prononcée qu'en été. Le résultat est que les individus régulent quotidiennement leur température à un niveau plus bas : 20-32°C pendant environ 6-7 heures au lieu de 38°C. Cette baisse de la température périphérique est due à la fois à la vasoconstriction des vaisseaux sanguins situés sous la peau et à une diminution simultanée de la production de chaleur. Les auteurs de cette étude suggèrent également, d'après leurs résultats, que les cerfs bougent d'autant moins ou plus lentement que leur température corporelle est basse.


Globalement, l'ensemble de ces adaptations se traduit par une réduction significative de la dépense énergétique ce qui est une stratégie essentielle de survie en cas de manque de nourriture et de grand froid. Enfin, ces adaptations sont cycliques, la variation de la longueur du jour et de la nuit servant aux animaux à anticiper la rude période hivernale.



Pour en savoir plus:


voir Arnold et al. 2003 dans Am. J. Physiol. Regul Integr Comp Physiol 286: 174-181.


 



Dernière modification de cet article le 22/02/2006 à 14h56