es chevreuls vctmes des renards ?


En dehors de la mortalité induite par la chasse, la dynamique des populations de cervidés est fortement influencée par le taux de survie des faons. Le froid et une forte pluviosité immédiatement après la naissance peuvent augmenter les risques de mortalité sur des faons très vulnérables aux aléas météorologiques après la mise bas, alors que de telles conditions pendant la période de gestation sont plutôt connues pour favoriser une végétation dense et une nourriture de bonne qualité avantageuses pour la croissance.


Toutefois, il existe un facteur ayant un impact plus important que la météorologie. Si l'on peut facilement concevoir que des grands prédateurs tels que le lynx ou le loup puissent agir directement sur le taux de survie des faons, la part du renard, notamment en raison de sa plus petite taille, semble plus difficile à croire Agrandir la photo.


Une étude récente menée en Suède montre justement que le renard, indépendamment d'autres facteurs, est responsable pour une très large part de la variation de la densité de population des chevreuils (Capreolus capreolus) via la mortalité par prédation sur les faons. Les résultats, obtenus sur 14 années, fondés sur des dénombrements rigoureux et le suivi individuel par télémétrie sont en effet très marquants : plus la densité des renards augmente plus la mortalité des faons est élevée avec une proportion potentiellement plus forte chez les femelles inexpérimentées ou élevant des faons pour la première fois. Alors que d'autres travaux sur les ongulés mentionnaient des taux de mortalité par prédation inférieure à 60%, cette nouvelle étude montre des taux dépassant 85% ! D'après les auteurs, ce taux élevé de prédation par Vulpes vulpes résulterait en partie d'un manque de couvert végétal, l'étude ayant été réalisée dans un paysage à structure mixte composée de forêts et de cultures. En outre, il est d'autant plus élevé lorsque la densité des deux espèces tend à devenir forte et que les renards se spécialisent sur le chevreuil. Enfin, étant donnée que les processus de régulation par densité dépendance (effet sur la condition corporelle, la croissance, le fécondité) ne s'expriment pas dans cette population, la mortalité induite par les renards est plutôt de type additive et non compensatoire. Cette mortalité additive par prédation serait en revanche moins importante dans le cas de fortes densités de chevreuils (supérieure à 30 chevreuils au 100 ha en moyenne) et, dans ce cas, les processus de compensation opéreraient principalement entre la mortalité estivale est hivernale Agrandir la photo.


Cette étude relance tout le débat de la gestion des populations de chevreuil relativement à la densité de cette espèce, à la structure des habitats et au rôle de la prédation du renard, espèce pouvant aisément passer d'un régime alimentaire généraliste à un régime plus spécialisé.



M.B. 


 


Pour en savoir plus :


Voir Jarnemo et Liberg (2005). J. Wildl. Manage. 69: 1090-1098


La mortalité compensatoire se définie ici comme une mortalité plus forte sur des faons qui de toute manière auraient plus de chance de succomber par l'action d'autres facteurs.



Dernière modification de cet article le 16/01/2006 à 20h24