'nhton de la fam : une nouvelle manère de gérer les populatons anmales ?


La gestion d'espèces nuisibles devient parfois problématique soit au regard de leur dynamique des populations qui montre des fluctuations densité dépendante (cas de la belette et de sa proie le campagnol) soit au regard de la réglementation qui interdit la destruction de telle espèce alors qu'elle induit des dégâts quelques fois considérables.


Depuis peu une nouvelle voie, dérivée de travaux réalisés chez l'homme, pourrait être envisagée pour aider de manière non létale à la régulation des animaux nuisibles ou malfaisants et même pour protéger d'autres de la consommation de semences pouvant contenir des produits pesticides dont ces espèces ne sont pas la cible. Le principe consiste, en fait, à stimuler les récepteurs neuro-endocriniens de la satiété. Les recherches pour une application à la faune sauvage ne sont qu'à leur début car plusieurs paramètres sont à tester. D'une part, les molécules chimiques pouvant agir sur la satiété sont multiples, ensuite les mécanismes de la satiété sont fonction de la condition corporelle ou de l'état nutritionnel des individus et enfin il s'agit d'éviter l'installation d'un processus d'accoutumance qui, avec le temps d'exposition, entraînerait une perte d'efficacité. Afin d'approfondir ce nouveau domaine de recherche, une équipe de chercheurs britanniques (Cotterill et al. 2005) a réalisé une étude sur des rats nourris et à jeun en leur administrant, par voie orale, 5 produits dont deux à des doses croissantes. Tous les produits n'agissaient pas de la même manière. Certains comme les inhibiteurs de la trypsine n'ont eu aucun effet sur la prise alimentaire, d'autres ont eu un effet moindre lorsque les rats étaient à jeun. En revanche, certains, tel qu'un dérivé du tryptophane, permettent de réduire la prise alimentaire de 53% et ceci indépendamment de l'état nutritionnel initial. Ces résultats sont très prometteurs pour développer des produits induisant chez des espèces cibles dites nuisibles un comportement d'évitement face à certaines plantes ou semences que l'on souhaite préserver. Globalement, la stimulation de la satiété par ce biais est non toxique, non létal, rapide et ne devrait pas avoir d'effet à long-terme sur la santé des animaux. Toutefois, les auteurs précisent que, dans l'immédiat, ces travaux menés en conditions de laboratoire sur des espèces "domestiques" ne permettent pas d'être extrapolés à la faune sauvage. En effet, selon la physiologie de chaque espèce et en raison de la complexité du mécanisme de satiété ainsi que des nombreux facteurs agissant sur ce mécanisme il est difficile de prédire, à priori, l'efficacité d'un produit donné. Des travaux supplémentaires portant sur le lapin, le pigeon et même le cerf sont actuellement en cours. La biochimie et la physiologie animale ont donc encore de l'avenir dans la gestion de la faune sauvage. Agrandir la photoPourront-t-elles un jour aider les pouvoirs publics à définitivement régler le problème épineux et croissant des dégâts de sangliers sur les cultures de maïs ? Il n'est pas exclus de le penser ou même de l'espérer….



M.B.



Bibliographie : Cotterill et al. 2005. Stimulation of satiation receptors: a novel approach to wildlife management. J. Wildl. Management 69: 1475-1480.



Dernière modification de cet article le 11/12/2006 à 21h39