e réchauffement clmatque un phénomène alarmant pour la odversté ?


Le réchauffement climatique à l'échelle mondiale est devenu un enjeu politique majeur avec des répercussions profondes dans les domaines sociaux, économiques et écologiques.


En février dernier, le groupe international des experts sur le climat s'est à nouveau réuni pour établir son quatrième rapport relatif à l'état actuel de la situation et les conséquences prévisibles, à court et moyen terme, du réchauffement climatique sur les paramètres physiques de l'environnement et sur les ressources naturelles.


Le constat est sans ambiguïté : la surface de la terre se réchauffe et de plus en plus vite depuis plusieurs décennies. Aucun des deux hémisphères n'est épargné. Responsables sont les gaz à effets de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane et le peroxyde d'azote. Les activités humaines sont largement mises en causes, la variation naturelle ne contribuant que pour une faible part à l'augmentation de ces gaz dans l'atmosphère. Le gaz carbonique qui provient principalement de la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon) a augmenté de 35% depuis l'aire préindustrielle pour atteindre près de 380 parties par million (ppm) actuellement, soit bien au-delà de la variation inter-annuelle déterminée pour les 650000 dernières années (180-300 ppm). Il en de même pour le méthane dont la concentration atmosphérique a été multipliée par 2,5 et de celle du peroxyde d'azote (+18%), tous deux principalement d'origine agricole. La conséquence de ces émissions est une augmentation des températures de 0,1 à 0,2 degrés par décennie depuis les 50 dernières années ainsi qu'un accroissement de la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air.Agrandir la photo


Face à ce constat, les experts prévoient, pour le prochain siècle, de profondes modifications climatiques avec une accentuation :


            -    de l'accroissement des températures ambiantes (+2 à +4°C d'ici à 2099) et du réchauffement des océans (jusqu'à 3000m de profondeur), et ce malgré le ralentissement de la circulation thermohaline dans l'Atlantique Nord


-          de la fonte des glaciers et des calottes glacières,


-          de la diminution de la salinité des océans,


-          de l'augmentation du niveau des mers et des océans de 18 à 60 cm,


-          de vents d'Ouest de plus en plus violents,


-          de la fréquence des périodes de sécheresse qui deviendront aussi plus longues et plus sévères,


-          de la fréquence des évènements de fortes précipitations principalement dans les latitudes élevées,


-          de l'acidité des océans,


-          de la modification des courants océaniques.


Malgré les politiques nécessaires de réduction des émissions des gaz à effet de serre, toutes ces transformations vont très probablement s'effectuer à une vitesse beaucoup plus élevées que celles qui se sont produites dans le passé sous l'influence unique des processus naturels.


Devant ce scénario alarmant comment la faune et la végétation réagit-elle ? Auront-elles les capacités de s'acclimater ou de s'adapter à ces modifications profondes et relativement rapides ?


En fait, toutes les espèces ne réagissent pas de la même manière au réchauffement du climat. L'élévation des températures aura un effet sur la distribution des plantes avec le remplacement, sur les versants des hautes montagnes, des prairies glaciaires par des broussailles de sauge. Dans l'arctique, les arbres à croissance rapide vont davantage s'étendre vers le nord sur des zones géographiques actuellement occupées par la toundra. Sur les 100 prochaines années, la superficie couverte par la toundra devrait être réduite de 30% avec des risques importants pour les espèces qui y vivent.


L'augmentation de la concentration de CO2 atmosphérique aura, d'après les prévisions des experts, des conséquences drastiques sur les forêts. Ainsi, les limites de répartition du hêtre et du bouleau devraient d'ici 2050 se déplacer de 400 à 800 km plus au nord. Les effets du réchauffement global se feront également ressentir sur les récifs coraliens. Dans certaines zones du monde, la température croissante de l'eau atteint le seuil critique de tolérance des coraux. Actuellement, à l'échelle mondiale, déjà 27% des récifs ont disparu, un phénomène qui devrait s'accentuer. Le réchauffement des océans et des rivières aura très certainement aussi un effet sur la survie des poissons et notamment des salmonidés qui nécessitent une eau froide pour survivre. Cependant, pas uniquement l'augmentation de la température mais également la modification de la circulation des courants aquatiques aura un impact sur les populations de truites et de saumons. La population entière de truite arc-en-ciel pourrait ainsi être totalement décimée dans plusieurs Etats d'Amérique du Nord. Les grands cétacés ainsi que les manchots qui se nourrissent de krill et de petits crustacés pourraient à long-terme également être menacés suite à une réduction et à une redistribution de leurs stocks de nourriture. Les ours polaires payent eux déjà un lourd tribu. La réduction de la superficie de la banquise, leur zone privilégiée de chasse, rend plus difficile l'accès aux proies ce qui conduit à une diminution de leur condition corporelle ou à l'incapacité de la restaurer convenablement après l'hibernation ainsi qu'à une diminution du taux de natalité.


Plus proche de chez nous, des études menées sur le long-terme montrent qu'une augmentation de la température ambiante en Europe et en Scandinavie a pour effet de réduire la taille et la condition corporelle des ongulés, notamment du cerf élaphe, avec chez cette espèce la possibilité des hivers de plus en plus chaud altèrent également la fécondité.


Cependant, les effets du réchauffement sont variables selon groupes d'espèces. Ainsi, chez les oiseaux migrateurs la tendance est à une arrivée plus précoce sur les zones de reproduction et à un meilleur succès reproducteur. Ceci a tout particulièrement été démontré chez l'Oie à bec court pour laquelle, le réchauffement climatique en favorisant la végétation sur les zones d'hivernage au Danemark et sur les sites d'escale en Norvège améliore la survie et la fécondité. Les scientifiques craignent cependant que l'augmentation du nombre de ces oies, (ce qui s'observe aussi sur la dynamique chez d'autres ansérinés) puisse avoir des effets indirects sur la végétation arctique. Y-t-il donc un risque de voir toujours plus augmenter le nombre d'oies en Europe du Nord et en Alsace ? D'après les derniers recensements, les tendances permettent fortement de l'envisager. 


Force est de constater que même si le réchauffement climatique peut bénéficier à certaines espèces en terme de survie hivernale et de succès reproducteur, surtout sous nos latitudes tempérées, il n'en est pas ainsi pour tous les autres groupes d'animaux. La question qui se pose pour les spécialistes de la biodiversité est de savoir si les animaux auront les capacités pour s'adapter, en quelques générations, à des changements profonds de leur environnement ou si au contraire de telles modifications constitueront un piège évolutif. Les conséquences seront probablement plus cruciales pour les organismes vivant actuellement dans des milieux extrêmes. Si les changements annoncés s'opèreront réellement, les équilibres des systèmes écologiques et les échanges dans la chaîne alimentaire seront eux aussi fortement modifiés.


 


 


Pour en savoir plus :


GIEC, 2007. 4ème rapport du Groupe de travail 1 : bilan 2007 des changements climatiques : les bases scientifiques physiques. www.ipcc.ch


Post, E., et al. 1997. Global climate change and phenotypic variation among red deer cohorts. Proc. R. Soc. Lond. B 264 : 1317-324


Kery, M., et al. 2006. Survival of Svalbard pink-footed geese in relation to winter climate, density and land-use. J. Anim. Ecol. 75: 1172-1181.



Dernière modification de cet article le 06/02/2008 à 20h27