e stress chez les anmaux : avantage ou nconvénent ?


Devant les nouveaux enjeux environnementaux et l'accroissement de l'emprise des activités humaines sur le patrimoine naturel, il peut sembler évident que les animaux subissent un stress de plus en plus grand avec des répercussions désastreuses sur leur survie ou leur reproduction. De surcroît que penser de la chasse dont les perturbations sont perçues par beaucoup comme altérant systématiquement la biologie du gibier ? La réalité correspond-elle à ces à priori bien sombres ou est-elle différente ? Peut-on admettre que le stress, selon ses différentes perceptions, puisse avoir des effets divers voire même positifs ? Rien n'est à exclure notamment suite à des travaux de recherche menés sur diverses espèces animales (voir Zulkifli et Siegel, 1995).


Un premier constat est que le terme de stress est généralement défini de manière subjective et imprécise induisant de fait de nombreuses confusions et controverses. Par ailleurs, comprendre le stress animal et ses conséquences est d'autant plus important que ce terme est largement utilisé pour imposer des normes nouvelles et de plus en plus contraignantes relatives au bien-être animal dont la définition elle-même est souvent plus d'ordre philosophique que biologique laissant ainsi le champ ouvert à des idées tendancieuses et douteuses.


Le stress peut se définir comme un ensemble de réactions physiques, chimiques et émotionnelles causant des tensions d'ordre musculaire ou mental lorsque l'animal perçoit un stimulus extérieur. Une situation de stress implique presque toujours la production par l'organisme de substances spécifiques (noradrénaline, corticostérone, catécholamines) via un mécanisme neuro-endocrinien. A partir d'études ayant porté sur les aspects pathologiques, immunologiques et comportementaux du stress la question qui se pose est de savoir si le stress peut avoir des effets bénéfiques et surtout selon quelle forme ou quelle intensité de stimulation le stress induit un effet positif. Dans la production animale de consommation par exemple, l'objectif n'est pas d'éliminer toute forme de stress mais de le maintenir à un niveau optimal pour permettre aux animaux de conserver un état sanitaire propice tout en garantissant la meilleure production. Plusieurs publications scientifiques indiquent que la manipulation, la contention, le confinement, la promiscuité, la restriction alimentaire ou l'imposition d'une activité physique intense impliquent des situations de stress pouvant entraîner une réduction des défenses immunitaires rendant ainsi les animaux plus sensibles aux agents pathogènes extérieurs (virus) par exemple. Une forte densité peut induire une situation de stress dit social. Par ailleurs, il a été montré qu'un stress aigu survenant chez des cervidés et des lapins capturés et transportés à des fins de repeuplement peut entrainer des altérations musculaires, enzymatiques et immunitaires induisant un affaiblissement de la condition corporelle. Agrandir la photo


Toutefois, les situations ne sont pas toujours extrêmes. La réponse d'un organisme soumis à des fluctuations de ses conditions environnementales de vie peut favorablement modifier son système de défense immunitaire. Ainsi, maintenir des animaux dans un environnement calme sans interaction sociale peut perturber ses fonctions biologiques normales et le rendre plus vulnérable aux infections bactériennes. De même, le stress chronique, dans la mesure où il est continue est d'intensité modérée, induit une habituation sans développement d'un état pathologique.


Plusieurs études menées sur des mammifères montrent que le stress peut, selon une certaine limite de fréquence et d'intensité, augmenter la résistance à certaines pathologies, alors que les individus non stressés étaient trouvés significativement plus vulnérables. Le "bon" stress, généralement appelé "eustress" par les scientifiques, favorise également la prudence et le comportement d'alerte et conduit souvent à une plus grande performance cognitive. Cela pourrait-il expliquer la plus grande vulnérabilité face à la prédation des gibiers de lâchers (peut-être pas suffisamment stimulés) alors que les individus ayant expérimenté des situations de stress en milieu naturel sont plus résistants ?


Des expérimentations conduites sur des poulets montrent que ceux subissant une privation d'eau entre leur 6ème et 10ème jour de vie sont plus résistants à une infection bactérienne que ceux du lot contrôle n'ayant pas expérimenté une telle privation. En résumé, des expériences de stress tôt dans la vie de l'animal provoque une forme d'habituation, de tolérance et de résistance à des situations stressantes qui pourront se produire plus tard.


En conclusion, le stress n'est pas nécessairement quelque chose de mauvais et peu ou trop de stress est néfaste pour le bien-être physique et psychologique de l'animal. Tout l'enjeu, certes complexe, est de déterminer et de favoriser une situation de stress optimal, ce qui ne peut être traité selon un jugement simpliste.


 


Référence : Zulkifli et Siegel, 1995. Is there a positive side to stress ? W. Poult. Sc. J. 51: 63-76.



Dernière modification de cet article le 06/02/2008 à 20h21