es hormones dans l'envronnement et leurs effets sur la santé des anmaux.


 


Certaines hormones existent naturellement dans l'environnement mais d'autres sont artificiellement produites et répandues par l'homme, cet ensemble de facteurs peut alors à court ou long-terme affecter la santé humaine et animale.   


Les œstrogènes sont des hormones stéroïdiennes produites principalement par les ovaires des femelles et dans une moindre quantité par les testicules des mâles. Ces molécules, dont l'œstradiol est la plus abondante, sont connues pour influencer fortement la croissance et le développement du comportement, pour réguler les cycles de reproduction et pour agir sur le fonctionnement de plusieurs autres parties du corps (système cardiovasculaire, squelette, peau, système immunitaire, système cérébral,…). De multiples molécules produites naturellement par les plantes ou provenant de composés chimiques synthétiques et qui affectent de la même manière ces processus biologiques sont considérés comme étant oestrogéniques ; elles peuvent ainsi directement ou indirectement agir sur le fonctionnement normal du système hormonal d'un individu. Beaucoup de contaminants oestrogéniques ont par exemple été trouvés dans les pesticides, les plastiques et les transformateurs électriques (pyralène). D'autres sont des dérivés de l'industrie chimique et pharmacologique ou proviennent directement des pilules contraceptives, sans oublier les phytoestrogènes produits naturellement par les plantes.


Les hormones naturelles (dont les phytoestrogènes) ont une durée de vie courte. Elles ne s'accumulent pas dans les tissus gras et sont rapidement détruites dans l'organisme, notamment par certaines enzymes du foie. A l'inverse les molécules synthétiques (à l'exception parfois des hormones contraceptives) sont moins rapidement dégradées, ont une plus forte rémanence dans l'environnement et dans l'organisme, généralement jusqu'à plusieurs années, et peuvent être accumulées dans les tissus adipeux et les muscles des animaux et des humains. Durant un évènement de stress, lors de la gestation ou de l'allaitement, ces substances oestrogéniques sont alors à nouveau libérées dans l'organisme ou transmises à la progéniture. La circulation de ces composés chimiques se produit également tout au long de la chaîne alimentaire se traduisant par une bioaccumulation chez les super-prédateurs que sont l'homme, les rapaces ou les fauves. L'analyse de plusieurs échantillons de sang chez l'humain a par exemple montré que la concentration de DDT (un pesticide oestrogénique) atteignait une concentration 1000 fois supérieure à la concentration de l'oestradiol libre produit normalement par l'organisme. Chez les caribous consommant des lichens contaminés par les polluants atmosphériques, l'ours polaire et les phoques qui pourtant vivent à plusieurs milliers de kilomètres des zones industrielles, les concentrations de pesticides atteignent des niveaux inquiétants. Ceci démontre la distribution et les impacts globaux de ces produits.


Les contaminants oestrogéniques peuvent théoriquement agir selon trois façons dans l'organisme :


1)      Se fixer sur des récepteurs spécifiques dans le noyau des cellules, mimant ainsi l'oestradiol et produire une réponse propre à l'hormone, bloquer une telle réponse ou produire les deux effets contraires (cas des PCBs [polychlorobiphenyls])


2)      Se fixer sur d'autres récepteurs et créer une nouvelle réaction ou interférer avec des processus hormonaux normaux,


3)      Altérer la production ou la dégradation de certains récepteurs hormonaux et ainsi modifier les concentrations sanguines des hormones et leurs réponses.


Les hormones sexuelles naturelles sont transportées via le sang jusqu'à des récepteurs spécifiques localisés sur le noyau des cellules cibles, ce qui a pour effet d'activer certains gènes de l'ADN. Cette activation commande à la cellule de produire par exemple plus de protéines ou d'enzymes et ainsi de modifier la fonction de la cellule. De même, les contaminants oestrogéniques de l'environnement peuvent se fixer sur plusieurs récepteurs (spécifiques ou non), activer l'expression de différents gènes et ainsi affecter le système hormonal de diverses façons. Ils peuvent bloquer ou au contraire augmenter l'action des hormones naturelles, ou encore selon un processus complexe altérer la croissance et la division cellulaire.


Chez les animaux de telles altérations hormonales peuvent se traduire par une fragilisation de la coquille des œufs ou par des cancers. Parmi les poissons présentant des taux significativement élevés de ces contaminants, il est possible de constater chez les mêmes individus à la fois les caractéristiques sexuels femelles et mâles, avec chez ces derniers la production d'une protéine constitutive de l'œuf alors que normalement une telle production ne s'observe jamais chez les mâles. Chez les mammifères, des concentrations élevées de contaminants oestrogéniques peuvent se traduire par une fertilité réduite, une modification du comportement sexuel et du système immunitaire, une masculinisation des femelles ou à l'inverse une féminisation des mâles, des cancers de l'appareil reproducteur, une altération du fonctionnement de la thyroïde, de la densité osseuse et de la structure du squelette.                    


Bien que les poissons, oiseaux et mammifères marins soient particulièrement exposés en raison de l'accumulation des pesticides dans les océans, localement les populations animales ne sont pas non plus épargnées. En raison de tels disfonctionnement hormonaux dus aux pesticides, il a été montré en Floride que des populations de crocodiles et de panthères avaient une fécondité très réduite et que leur état de conservation est particulièrement menacé.


Plus près de chez nous, quelques travaux ont montré qu'il y a peu de risques que des cerfs et des chevreuils présentent des concentrations de pesticides qui atteignent les niveaux critiques pouvant affecter la reproduction ou la survie. Toutefois il est à noter que des pesticides organochlorés sont présents et s'accumulent de manière variable dans les organismes de la faune sauvage et que le risque est grandissant notamment dans les zones où les produits phytosanitaires sont largement produits ou répandus. La consommation alimentaire est sur ce point largement surveillée et selon les normes de l'organisation mondiale de la santé, la dose journalière tolérable pour un être humain est de 0,02 microgramme de PCB/kg poids corporel.


Référence: Organochlorine pesticides and polychlorinated biphenyls in European roe deer Capreolus capreolus resident in a protected area in Northern Italy. Science of the total environment 328: 83-93.



Dernière modification de cet article le 04/05/2011 à 11h48