LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES INFLUENCENT-ILS LA MIGRATION DES OISEAUX ?
L'augmentation de la température ambiante ainsi que la modification de l'oscillation des océans (liée aux courants d'eau chaude) sont les principaux facteurs du changement climatique. Dans cette brève nous nous attacherons à montrer les domaines dans lesquelles ces changements interviennent sur le comportement migratoire des oiseaux, sachant qu'une analyse plus détaillée fera l'objet d'un dossier complet pour septembre prochain.
Les changements climatiques ont un effet sur les stratégies de migrations des oiseaux. A partir de 12 espèces migratrices à courte distance et de 12 espèces migrantes à longue distance (soit au total 23 passereaux plus la bécasse des bois) capturées régulièrement depuis 1909 sur l'Île d'Helgoland (Mer du Nord), 23 espèces sur 24 ont tendance à anticiper leur départ en migration avec un taux moyen d'anticipation compris entre 0,05 et 0,28 jours/an (Hüppop et Hüppop 2002). Ces modifications coïncident avec l'augmentation de la température moyenne et l'indice d'oscillation de l'Atlantique Nord enregistrées ces 40 dernières années.
Néanmoins, migrer plus tôt ne constitue pas implicitement un avantage. En effet, si les oiseaux qui partent plus tôt parviennent sur leurs sites de reproduction alors que ces derniers ne sont pas encore propices à la reproduction ils ne seront en aucun avantagés par rapport à ce ceux qui arriveront plus tard. Il est donc nécessaire que les zones où vont se prendre les décisions de migrer (généralement les quartiers d'hivernage) soient synchrones avec le développement biologique des zones de destination. Sur les oiseaux migrateurs, le réchauffement climatique peut cependant induire une modification des sites d'hivernage. Certaines populations ont en effet tendance à hiverner dans des zones situées à des latitudes de plus en plus élevées. Se trouvant ainsi plus proches de leur site de nidification ces individus auraient un meilleur succès reproducteur que ceux qui hivernent plus au sud et qui doivent effectuer un voyage migratoire plus long.

Brève du 21/06/2003 17h06


Nombre de brèves enregistrées : 28

 LES EFFETS DE LA SOUS-NUTRITION CHEZ LES PASSEREAUX
Une étude menée sur le bruant chanteur (Melospiza melodia) a montré que les oisillons soumis à une restriction alimentaire quantitative entre 3 et 18 jours suivants l’éclosion entraînaient des effets à court (croissance) et long terme (taille de l’adulte), ceci malgré le retour à une alimentation normale après le 18ème jour. Si les deux groupes expérimentaux d’animaux (nutrition normale et réduite) montrent un taux de survie identique, le taux de croissance est logiquement plus rapide chez les individus nourris normalement. De façon plus surprenante, les individus ayant subis une restriction alimentaire précoce ne parviennent pas à combler leur retard de croissance, malgré le retour à une diète normale, que ce soit pour la taille globale de leurs corps. Cette étude confirme donc que les conditions de nutrition en début de vie affectent le phénotype de l’individu adulte sans pouvoir être compensées, pouvant ainsi réduire les chances de survie et de reproduction de ces oiseaux.
pour en savoirt plus : Searcy et al. Journal of Avian Biology 2004

Brève du 21/09/2005 17h17


 LA COULEUR DE L’ŒUF COMME INDICE DE LA VALEUR REPRODUCTIVE DE LA FEMELLE


Une hypothèse récente stipule que les couleurs des oiseaux informent l’individu sur la qualité reproductive (en résumé la qualité de ses gènes) de son partenaire. Ceci explique en partie les couleurs chatoyantes de nombreuses espèces d’oiseaux que ce soit du plumage ou du bec. Mais les œufs sont également concernés. Chez le gobe-mouche (Ficedula hypoleuca), la femelle produit des œufs d’une couleur bleue plus ou moins intense. Les scientifiques espagnols ont étudié le comportement reproducteur des mâles (qui approvisionnent la femelle en nourriture pendant la couvée) en fonction de la couleur des œufs. Leurs résultats montrent que l’effort du mâle est lié à l’intensité de la couleur des œufs, qui les renseignerait sur la qualité de la femelle, et donc sur les chances de survie et de reproduction future des jeunes issus de cette union. N’oublie que le corollaire principal de la biologie évolutive est que tout individu doit optimiser sa stratégie de reproduction en vue de produire le plus de descendants possible, afin de transmettre ses gènes au sein de sa population.

Pour en savoir plus :
Moreno et al. Journal of Avian Biology 2004

Brève du 05/10/2004 21h01